Traverser Janvier avec la lune
- Little Lotus Studio

- 18 janv.
- 5 min de lecture

TRAVERSER JANVIER AVEC LA LUNE
Comprendre, ressentir et accompagner la coeur de l'hiver
Quand janvier tire sur les batteries
Janvier a cette réputation un peu rude. Le corps encore chargé de l’année passée, l’esprit sommé de repartir plein d’élan, et la lumière… parcimonieuse. Beaucoup ressentent une fatigue diffuse, une baisse de motivation ou une impression de décalage intérieur. On voudrait aller de l’avant, mais quelque chose freine. Ce tiraillement, tu l’as peut‑être déjà senti.
Ce qui agite, souvent, c’est l’idée qu’il faudrait « faire comme si ». Comme si l’énergie était déjà au printemps. Comme si le corps devait suivre le calendrier civil plutôt que le rythme du vivant. Et si janvier n’était pas un mois à forcer, mais un mois à traverser ?
C’est précisément là que Traverser janvier avec la lune prend tout son sens. Observer le cycle lunaire, s’y relier, permet d’apporter de la clarté, de la douceur et surtout de la cohérence. La lune ne demande pas d’être performante. Elle invite à écouter, ajuster, respecter les phases. Et en janvier, c’est un soutien précieux.
Dans cet article, je te propose un regard pédagogique et incarné sur le cycle lunaire en plein cœur de l’hiver. Pas besoin d’être experte ni mystique convaincue. Juste curieuse, sensible au corps, ouverte à l’idée que les rythmes naturels ont encore beaucoup à nous apprendre.

Janvier, un mois de transition invisible
Janvier n’est pas un commencement au sens naturel. Dans de nombreuses traditions anciennes, l’année démarrait au printemps, quand la sève remonte et que la lumière revient franchement. Janvier, lui, se situe dans l’entre‑deux. L’après-solstice, mais avant le vrai renouveau.
Le corps le sait. Même si la tête planifie, le système nerveux reste en mode économie d’énergie. Les tissus sont plus denses, la digestion plus lente, le besoin de sommeil souvent accru. Dans l’Ayurveda, cette période correspond à une dominance de Kapha, associée à la lourdeur, la stabilité, parfois l’inertie.
Traverser janvier avec la lune, c’est accepter que tout ne soit pas encore clair. Que l’élan soit souterrain. Que certaines réponses mûrissent dans l’ombre.
Dans la philosophie du yoga, cette phase rappelle le principe de Tamas, l’énergie de l’inertie et du repos. Non pas comme un défaut, mais comme une nécessité cyclique. Sans Tamas, pas de régénération. Sans pause, pas de direction juste.
Le clycle linaire, un rythme univerdel et intime
La lune met environ 29,5 jours pour accomplir un cycle complet. Nouvelle lune, lune croissante, pleine lune, lune décroissante. Un mouvement simple, observable, répétitif. Et pourtant profondément subtil.
Depuis toujours, les sociétés humaines ont utilisé la lune comme repère temporel. Les marées, les cycles agricoles, certaines fêtes religieuses et rituelles y sont liées. Le corps humain, composé majoritairement d’eau, n’y est pas indifférent.
Sans tomber dans des affirmations simplistes, de nombreuses observations montrent des variations de sommeil, d’humeur et d’énergie en fonction des phases lunaires. La lune agit comme un miroir. Elle éclaire ce qui est déjà là.
Traverser janvier avec la lune, c’est donc se donner un cadre souple. Une manière de lire ses états intérieurs sans les juger. De comprendre pourquoi certains jours appellent l’introspection, et d’autres un peu plus d’ouverture.
Dans la pratique corporelle, on peut observer que certaines phases favorisent l’expansion, d’autres le recentrage. Rien d’obligatoire, rien de figé. Juste une trame.
Nouvelle lune en janvier, le silence fertile
La nouvelle lune correspond à un moment d’invisibilité. La lune est là, mais on ne la voit pas. Symboliquement, c’est une phase de gestation. En janvier, cette énergie est amplifiée par la saison.
Le corps peut ressentir un besoin de retrait. L’envie de trier, de faire le point, parfois même une légère mélancolie. Rien d’anormal. Cette phase invite à écouter ce qui murmure plutôt que ce qui crie.
Dans la pratique du yoga, la nouvelle lune se prête à des séances douces, ancrées, avec des postures au sol. Les flexions avant, les postures restauratives, les temps prolongés en Savasana soutiennent cette énergie.
Côté respiration, les Pranayamas apaisants comme Nadi Shodhana, sans rétention forcée, aident à clarifier l’esprit. En méditation, l’observation du souffle ou des sensations corporelles suffit. Pas besoin de chercher une intention brillante. Une qualité de présence est déjà beaucoup.
Traverser janvier avec la lune, à ce moment‑là, c’est accepter de ne pas savoir. Et c’est étonnamment reposant.
Lune croissante, nourrir sans précipiter
Après la nouvelle lune, la lumière revient progressivement. En janvier, elle reste discrète, mais perceptible. C’est une phase d’accumulation. L’énergie n’explose pas encore, elle se construit.
C’est un bon moment pour installer des routines simples. Pas des résolutions rigides, plutôt des rendez‑vous avec soi. Dix minutes de mouvement le matin. Une respiration consciente avant de dormir. Un carnet posé sur la table.
Dans le corps, les postures debout peuvent être réintroduites doucement. Tadasana (La montagne), Virabhadrasana I (le guerrier I) tenu avec stabilité, sans chercher la performance. L’idée est de sentir le sol, la verticalité, la structure.
Les Mudras liés à l’ancrage, comme Prithvi Mudra, peuvent soutenir cette phase. Ils rappellent symboliquement le lien à l’élément terre, essentiel en hiver.
Traverser janvier avec la lune en phase croissante, c’est cultiver la patience. Laisser l’élan venir à son rythme.
Pleine lune, éclairer sans s'épuiser
La pleine lune apporte un pic de lumière. En janvier, elle peut être à la fois stimulante et déstabilisante. Le contraste avec l’environnement hivernal est fort.
Certaines personnes ressentent plus d’agitation, un sommeil plus léger, une émotivité accrue. Là encore, rien à corriger. La pleine lune amplifie. Elle révèle.
Dans la pratique, on peut se permettre un peu plus d’ouverture. Des postures d’extension, des mouvements fluides, tout en restant attentive aux signaux du corps. Les backbends doux, soutenus, sont souvent bienvenus.
En méditation, l’observation des émotions sans s’y accrocher est précieuse. La philosophie du yoga nous rappelle l’importance de Vairagya, le non‑attachement. Voir, sentir, laisser passer.
Traverser janvier avec la lune pleine, c’est accueillir la clarté sans se laisser aveugler.
Lune décroissante, intégrer et alléger
Après la pleine lune, l’énergie redescend. Cette phase est souvent négligée, alors qu’elle est essentielle. Elle invite à intégrer ce qui a été vécu.
En janvier, la lune décroissante soutient le tri. Dans le corps, dans l’agenda, dans les pensées. C’est un moment propice aux pratiques d’ancrage, aux torsions douces qui stimulent l’élimination, aux temps de silence.
Les Bandhas, pratiqués avec subtilité, peuvent accompagner cette phase. Mula Bandha, par exemple, favorise la sensation de stabilité et de recentrage.
Traverser janvier avec la lune décroissante, c’est accepter de ralentir à nouveau. Le cycle n’est pas linéaire. Il est spiralé.
Ce que la lune nous apprend sur la régularité
L’un des grands enseignements du cycle lunaire est la constance sans rigidité. La lune ne saute pas d’étape. Elle ne se presse pas. Elle revient, encore et encore.
Pour les pratiquantes régulières comme pour les curieuses, c’est une invitation précieuse. La régularité douce, celle qui respecte les fluctuations, est souvent plus durable que les élans sporadiques.
Traverser janvier avec la lune, c’est peut‑être simplement ça. Revenir à des gestes simples. Observer. Ajuster. Et continuer.
Janvier comme un passage, pas une épreuve
Janvier n’est pas là pour être conquis. Il est là pour être habité. Le cycle lunaire offre une boussole douce, accessible, profondément humaine.
En choisissant de Traverser janvier avec la lune, tu t’offres un regard plus nuancé sur ton énergie, ton corps et ton rythme intérieur. Pas pour faire mieux. Pour faire juste.
Si tu ressens l’envie d’aller plus loin, je propose des cours et des pratiques guidées en lien avec les cycles naturels, ainsi que des partages réguliers sur les réseaux. Tu y es la bienvenue, sans obligation, sans pression.
Janvier continue de se déployer. Et toi aussi, à ta manière.
Namaste,
Laetitia



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